Elle a quitté. Line Beauchamp. Supposément une grande surprise. Plutôt la suite logique des choses. Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, le PLQ nous aura appris une chose : Ils sont durs avec les ministres. Surtout les Vice-Premiers Ministres.
C’est le propre de Jean Charest, d’étouffer ses Ministres, en les envoyant au combat sans support… Et de ressurgir, le moment venu, pour reculer, peu importe le prix.
Parlez-en à Jacques Dupuis et Nathalie Normandeau. Glissez un petit mot dans l’oreille de Jean-Marc Fournier ou Philippe Couillard pour voir ce qu’ils en auraient à dire. Appelez le chef du NPD, Thomas Mulcair. Laissez Marc Bellemarre vous raconter… Le chef est prêt à sacrifier !
La grève étudiante est difficile.
Les contestataires sont téméraires et tenaces ; probablement beaucoup plus que le gouvernement ne l’espérait.
Les étudiants savent pourquoi ils sont entrés en grève et ne se laissent pas berner par des stratégies démagogues qui laissent suinter un semblant de compromis sous forme d’entente-poison.
On parle d’impasse, de mauvaise foi… On incrimine les étudiants de tous les maux.
Jean Charest aurait bien aimé assassiner le conflit, écraser le mouvement. C’est ce qu’il aurait voulu que Line Beauchamp fasse. Les moyens manquaient…
Le gouvernement n’a pas cessé de crier qu’une minorité d’étudiants ne mènerait pas le Québec. Leur décision était finale, sans retour possible.
« Retournez en classe » leur disait-ont.
Les étudiants ont tenu le coup. Persistants, ils en sont à la quatorzième semaine. Bravant les injonctions, les menaces, les coups de matraque et le poivre de Cayenne comme les fumigènes, les étudiants se tiennent toujours debout, déterminés à se battre tout aussi fort qu’au départ. Ce en quoi ils croient est plus fort que la condescendance et le mépris.
Line Beauchamp n’en pouvait plus. Elle était à court de solutions.
Les étudiants sont-ils en train de donner une large leçon de démocratie à leurs parents et au Québec tout entier ?
Les recteurs et directeurs-généraux d’établissement d’enseignement crient à l’aide. Ils se sentent pris au piège, entre l’arbre et l’écorce. Ils doivent assurer la sécurité de leurs étudiants et se contraindre devant les injonctions… À leurs propres risques.
Les profs sont forcés d’enseigner dans des conditions incroyables. Ils ragent.
Le Québec tout entier retient son souffle…
Le Premier-Ministre a forcément un plan d’action. Charest est calculateur. Michèle Courchesne n’est pas là pour rien…
Charest devra reculer… Encore une fois. Les étudiants auront le mérite de leurs convictions, de leur détermination. Peut importe le dénouement!

