L’école des larmes
De toutes les déclarations lues et entendues depuis l’annonce du dépôt d’une loi spéciale par le gouvernement libéral, une de plus pertiente vient de Léo Bureau-Blouin :
«on a joué dans une pièce de théâtre» organisée par un gouvernement qui voulait marquer des points politiques»
Je le comprends. C’est lui qui a accepté le plus de compromis, lui qui a probablement le plus cru à la bonne foi de ce gouvernement sans âme, sans respect et sans vision. Quand il a enfin réalisé que ce gouvernement tentait de faire jouer aux leaders et porte-parole du mouvement étudiant le rôle des méchants, il ne l’a pas pris…
Une pièce odieuse…
Cela fait déjà un bout que je sens que le gouvernement agit comme s’il était dans un univers parallèle. J’ai d’ailleurs parlé amplement des pseudo-événements dans un récent billet, montrant sa faculté à travestir les faits pour les faire cadrer avec son plan. Dans sa logique obsessive du pouvoir, il n’avait pas le choix. Face à un niveau de mécontentement record pour un gouvernement, il devait faire oublier l’aura et l’odeur de corruption qui l’accompagne et détourner l’attention sur autre chose. Qu’il doive pour cela envoyer ses troupes dans les écoles, dénigrer la jeunesse de son peuple et lui retirer ses droits fondamentaux, attitude la plus abjecte et la moins respectueuse de la démocratie à laquelle j’ai assisté de la part d’un gouvernement, ne l’a pas troublé.
J’ai vraiment compris que ce plan était en fait, comme l’a dit Léo Bureau-Blouin, une pièce de théâtre, L’école des larmes, pièce en je ne sais trop combien d’actes (elle n’est pas terminée même si on connaît la fin, les élections), mise en scène par Jean-Baptiste Charest (n’a-t-il pas eu le rôle du petit Saint-Jean-Baptiste dans son enfance, lors d’un défilé de la Saint-Jean?) lors de la démission de Line Beauchamp. Tout le monde a été pris au dépourvu!
La nomination de celle que les représentantEs du mouvement étudiant pensaient plus conciliante et surtout sa trahison par sa condamnation sans appel de la fictive intransigeance des étudiantEs et de leurs leaders et porte-parole n’a pu que confirmer que nous assistions à une mauvaise représentation théâtrale.
La seule hésitation qui me reste est de savoir si la démission de Line Beauchamp était dans le script ou si elle a simplement refusé de jouer la scène suivante tout en demeurant fidèle à sa troupe. Mais, c’est sans importance, le spectacle a continué…
Et alors…
On a vu ce soir que Jean-Baptiste Charest n’a pas vraiment compris les leçons de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, un des maîtres du théâtre burlesque, style théâtral qui laisse beaucoup place à l’improvisation. La pièce de théâtre du gouvernement semblait bien classique, avec un script écrit à l’avance. Mais le voilà qui se met à improviser… et à déraper.
Il ne doit pas s’en tirer!

