À la veille de notre Fête Nationale, plongés dans la tourmente depuis des mois de par la faute d’un gouvernement autoritaire, corrompu et rétrograde dont les exemples de prétention, d’arrogance et d’irresponsabilité sont innombrables, nous, Québécois et Québécoises, semblons incapables de démontrer quelque fierté que ce soit vis-à-vis de notre contrée. La plus grande part de nos représentants déshonore leur fonction quotidiennement, parlant à travers leur chapeau de sujets aussi complexes et délicats que sont l’environnement, le milieu de la santé ou celui de l’éducation, faisant déclarations incendiaires par-dessus déclamation partisanes, faisant grimacer jusqu’aux fidèles de leurs propres partis dont ils sont pourtant tributaires. Comment, dans cette atmosphère nauséabonde, presque irrespirable, pourrions-nous espérer voir jaillir du cœur de nos compatriotes la flamme bleue et blanche de la fierté québécoise?
Et pourtant elle jaillira. Elle jaillira car elle le doit. Le long du Fleuve déferleront des milliers de nos Gens, le visage fier malgré la tempête, refusant de se résigner à voir leur pays pourrir de l’intérieur tel une souche laissée béate après une coupe à blanc. Pour laver la tache, il faudra bien plus qu’une fin de semaine, bien plus qu’une commission, bien plus qu’une élection. Les Québécois le savent. Mais ils ne peuvent abandonner l’espoir.
L’espoir est notre devoir, à nous fils et filles du Québec.
L’espoir irrésistible de voir lavé l’affront que notre gouvernement continue de nous faire impunément.
L’espoir de nous relever ensemble d’une crise fratricide entretenue par et pour une vaine partisanerie.
C’est ainsi que puis s’allumer le cœur des Québécois en cette Saint-Jean-Baptiste célébrée alors que se poursuit le plus long conflit étudiant d’Amérique du Nord, débordant largement des seules frontières de la lutte estudiantine. Longtemps nous sommes-nous couchés de bonne heure, ainsi que l’écrirait Proust, évitant à tout prix la confrontation, craignant presque le débat, méprisant les innovateurs, les agitateurs, les provocateurs ainsi que le prêchaient les curés, avant, ainsi que le prêchent les feuilles de chou maintenant.
Si nous avons une honte bleue de notre pays, aujourd’hui, c’est bien que nous sommes habités d’une fierté que l’on nous a tarie. Elle s’est oxydée à force d’être immergée dans le mensonge, la veulerie et la connerie de certains de nos politiciens les plus grassement payés. Mais elle ne s’est jamais évanouie! Noyées par la mondialisation, les identités nationales s’effritent, s’effacent, s’éteignent. Pas la nôtre. Si nous avons honte, c’est bien que nous existons, que nous avons encore une fierté à défendre et que nous la défendrons. C’est bien que nous ne voulons plus de cet avilissement, que nous voulons relever la tête, que nous cherchons à comprendre pourquoi nos cœurs saignent.
À la veille de notre Fête Nationale, nous arpenterons les routes maganées de notre chez-nous malgré les nids-de-poule et les cônes oranges, malgré les matraques et les enveloppes brunes, nous marcherons la tête haute malgré tout ce qui nous afflige parce que nous savons que nous valons mieux que tout ce que l’on dit de nous. Il serait faux de croire qu’il s’agit d’une victoire. Se lever n’est que la première étape d’un dur parcours dont nous ne voyons pas encore la fin. Se défaire du sentiment de honte que nous impose le climat politique dans lequel nous sommes enlisés n’est pas une mince affaire, néanmoins le Québec, ses habitants, ont toutes les ressources pour y parvenir. Elles ont été si bien enfouies qu’on les croit perdues. Elles sont là, sachez-le, et ce texte n’est que le prélude d’une série à laquelle je compte m’appliquer avec toute la force que je puis rassembler. Une chronique hebdomadaire dédiée à la recherche des raisons faisant de vous et moi des indépendantistes. Une chronique nous permettant d’échanger sur cette épineuse question qu’est l’identité québécoise.
La plus merveilleuse Saint-Jean à vous tous!

