Depuis quelques années, le mouvement syndical est en profonde transformation devant les attaques répétées du néo-libéralisme et des employeurs à travers le monde. Ces transformations majeures font mentir les opposants aux syndicats qui les qualifient souvent de réfractaires au changement et de passéistes. Une nouvelle génération de jeunes militants syndicaux de plus en plus nombreux remplace la génération qui a fait grandir les syndicats et instaure des nouvelles pratiques pour créer un syndicalisme adapté au 21e siècle.
Les alliances et les unions pour une solidarité plus étroite
Le mouvement syndical québécois a connu plusieurs fondations depuis 2005. D’abord, la création du Secrétariat Intersyndical des Services Publics (SISP), une alliance syndicale regroupant la Centrale des Syndicats du Québec (CSQ), le Syndicat de la Fonction Publique du Québec (SFPQ), le Syndicat des Professionnelles et Professionnels du Québec (SPGQ), la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). Cette nouvelle force syndicale, avec ses 346 000 membres, serait la deuxième organisation en importance au Québec, après la Fédération des Travailleurs du Québec (FTQ).
D’ailleurs, il y a des changements importants au sein de la FTQ. Dans les dernières années, cette centrale a accueilli en son sein l’Union des Artistes (UDA) et la Guilde des Musiciens et Musiciennes du Québec (GMMQ). Une fusion est aussi en train de s’opérer entre le syndicat des Travailleurs Canadiens de l’Automobile (TCA) et le Syndicat Canadien de l’Énergie et du Papier (SCEP). Ce nouveau syndicat devrait voir le jour à la fin de 2012 et représenterait alors 360 000 travailleurs à travers le Canada, dont 70 000 travailleurs au Québec.
La Confédération des Syndicats Nationaux (CSN) a aussi connu une fusion dans les dernières années. En 2011, la Fédération de la métallurgie et la Fédération des travailleurs du papier et de la forêt qui ont choisi de fusionner pour former la Fédération de l’Industrie Manufacturière (FIM-CSN) qui représente 30 000 travailleurs.
Des alliances internationales
Plusieurs organisations syndicales internationales existent dans différentes industries. Elles ont vu leur importance augmenter en même temps que la mondialisation prenait de l’importance. La dernière de ces organisations à voir le jour a été l’union internationale IndustriALL qui regroupe 50 millions de travailleurs du secteur industriel à travers le monde, dont les travailleurs des Métallos et de la FIM-CSN au Québec.
Faire évoluer le modèle syndical
Certains syndicats vont encore plus loin en changeant, parfois en profondeur, leurs structures et leurs pratiques. L’utilisation d’internet et des réseaux sociaux se généralise dans le milieu syndical. De plus en plus de groupes syndicaux parallèles se forment, par exemple les professeurs contre la hausse.
D’autres syndicats élargissent leur membership en permettant à des individus de participer au développement de leur organisation. Le projet nouveau syndicat, qui naîtra de la fusion du SCEP et des TCA, devrait ainsi permettre l’adhésion de « membres associés » qui auront accès, sans être formellement syndiqués, à des services et aux évènements du syndicat.
Certains syndicats inventent aussi de nouvelles structures pour permettre à des travailleurs difficilement syndicables ou carrément non-syndicables de s’organiser collectivement. Les Travailleurs Unis de l’Alimentation et du Commerce (TUAC), affiliés à la FTQ, ont ainsi créé plusieurs centres de travailleurs au Québec et ailleurs en Amérique du Nord pour organiser les travailleurs agricoles migrants. L’AFL-CIO, la centrale dominante aux États-Unis, a créé, en 2003, l’organisation Working America pour organiser les travailleurs non-syndiqués. Aujourd’hui, cette organisation compte plus de 3 millions de membres.
Toutes ces initiatives de renouveau syndical démontrent que le mouvement syndical est un mouvement vivant, en constante transformation. La nouvelle génération de syndicalistes arrive avec de nouvelles idées et de nouvelles pratiques qui changent en profondeur les organisations syndicales. Grâce à ces changements, la lutte pour l’amélioration des conditions de vie et de travail de la majorité restera une lutte d’actualité.


Un commentaire
[...] une de mes dernières chroniques, je présentais certains des changements majeurs qui avaient lieu actuellement dans le monde [...]