Le mois d’août est habituellement utilisé pour partir à la campagne afin de profiter des vacances en camping ou dans un chalet. Cette année, pour beaucoup de Québécoises et Québécois, dont je fais partie, le mois d’août servira plutôt à partir en campagne.
Je participerai bientôt à ma quatrième élection générale (j’ai participé à celles de 2003, 2007 et 2008). Ce sera aussi la troisième campagne électorale que je ferai en tant que candidat pour Québec solidaire (après l’avoir été en 2008 et en 2010). Ce qui est typique d’une campagne électorale, c’est la fébrilité. Cette fébrilité est déjà très présente depuis quelques semaines, même si la campagne n’a été déclenchée qu’aujourd’hui.
En 35 jours, 21 partis politiques, plus de 400 candidats et candidates et des milliers de bénévoles iront à la rencontre de la population québécoise pour partager leurs idées et discuter politique. Dans chaque circonscription, les partis politiques vont tenter de rejoindre les 45 000 électeurs et électrices. En 35 jours, tout le monde sait que c’est impossible, mais on déploie un maximum d’énergie et on utilise tout le temps possible pour en rejoindre un maximum.
Pour moi, ce sera la première élection générale avec deux jeunes enfants. Depuis deux semaines, je vis déjà un peu les difficultés que j’aurai dans le prochain mois à concilier campagne et famille. Après la journée de travail, je vais distribuer des dépliants. Ensuite, c’est la routine du soir : souper, bains des enfants, écouter un Caillou, lire une histoire, chanter une berceuse et donner un bec sur le front en disant bonne nuit. Une fois les enfants couchés, je repars pour une réunion de mon équipe électorale, finissant ma journée tard le soir.
D’ailleurs, notre système électoral ne fait rien pour la conciliation engagement politique et famille. Bâti à l’époque où les hommes jouaient leur rôle de père de façon passive et où les femmes n’avaient pas le droit de participer aux élections, il n’est pas du tout adapté à la réalité des familles québécoises d’aujourd’hui. Voici quelques changements possibles pour moderniser notre système électoral.
La première chose à faire serait d’instaurer des élections à date fixe. Ainsi, on pourrait mieux se préparer et limiter nos engagements durant la campagne électorale, par exemple en prenant des arrangements avec son employeur.
Ensuite, le DGEQ pourrait s’impliquer davantage pour encourager l’électorat à aller voter et pour l’informer des programmes des partis politiques. En France, par exemple, chaque parti politique fait une présentation d’une page recto-verso qui est envoyée à chaque électrice et électeur inscrit par l’équivalent français du DGEQ.
Finalement, en instaurant un système proportionnel ou proportionnel mixte, comme le propose Québec solidaire, une fois élus, il sera possible pour les députés et députées de prendre des congés (parentaux, maladie ou compassion pour proches aidants) et d’être remplacés par un ou une collègue de son parti pendant la durée du congé. En effet, plus d’élections partielles, plutôt des remplacements par la personne suivante sur la liste présentée par le parti.
D’ici là, c’est en couple qu’on doit choisir de se présenter. Dans le système électoral actuel, la conciliation campagne-famille repose principalement sur l’implication des conjoints et conjointes. Les changements proposés par Québec solidaire, qui sera représenté par 62 femmes et 62 hommes à travers le Québec, permettraient de changer la politique pour que les familles prennent une part plus active dans la vie démocratique du Québec.
Sébastien Robert, Candidat Québec solidaire dans Vachon


Un commentaire
Toutes mes félicitations pour votre implication dans la vie démocratique.
J’ai lu et relu votre texte. Certains points ont attiré mon attention. Allons-y dans l’ordre.
La conciliation engagement politique et famille. Faire de la politique, c’est exigeant. Et ce dans quelque système politique qui soit. Ce n’est jamais un boulot de 9 à 5 avec congés et vacances. Il faut savoir y offrir une disponibilité extraordinaire en tout temps. On retrouve d’ailleurs les mêmes exigences dans toute organisation ou toute entreprise importante; ce n’est donc pas un phénomène propre au monde politique. Atteindre les hauts nveaux de leadership demande une présence constante, une capacité d’écoute exceptionnelle et un sens de l’organistion supérieur. Il peut évidemment y avoir quelques petits aménagements possibles, mais ceux-ci relèvent plus de l’individu que de l’organisation du système politique et parlementaire.
Les élections à date fixe. C’est hautement souhaitable. Il faudra cependant se pencher sur certains écueils comme une défaite précipitée d’un gouvernement, les cas de gouvernement minoritaire, les élections partielles (point qui serait sujet à de lourdes discussions), etc… etc… À mon avis, rien d’insurmontable.
L’implication du DGEQ. C’est possible. Je pense tout de même au fait qu’il y a actuellement 20 partis politiques reconnus au Québec. Selon moi, cette idée nécessite une profonde discussion, voire un véritable débat.
Un système proportionnel. Il faut y arriver. Notre système électoral est injuste en ne permettant pas aux tiers-partis de s’exprimer »au salon de la race » comme disaient autrefois les vieux, parfois avec un certain humour. Il faudra y accorder de longs débats et considérer cet aspect d’équité si important qui est trop oublié.
Par contre, l’usage personnel que vous entrevoyez à ce système proportionnel m’inquiète. L’élu a le devoir de représenter ses commettants. Transférer ce devoir à un tiers ressemble à un abandon, ressemble à de la faiblesse.
Les électeurs méprisent les faibles, ne votent pas pour eux.
Pour aller en politique, il faut être fort. Et ça comprend la capacité de gérer la conciliation travail/famille.
Quand surgit une crise politique, et c’est fréquent car je ne parle pas uniquement de celles qui ont une envergure nationale, l’élu doit être présent et s’impliquer. L’électeur a voté pour lui justement le voir manifester son pouvoir de gérance de crise, pas pour qu’il s’efface devant l’adversité.
Aller en politique, c’est exigeant, je le répète. C’est un don de soi. C’est pourquoi il faut bien analyser ses valeurs avant de faire le saut.
Je vous souhaite tout de même la meilleure des chances.