L’Option nationale est dirigée par un homme intelligent qui défend son parti avec des arguments bien préparés pour répondre aux critiques. Ce que je trouve dommage, ce sont les différentes versions des mêmes arguments diffusées abondamment par les militants d’Option nationale. Votre article, même s’il est bien écrit, n’est qu’une copie du même discours. Peu portent attention à ce discours, mais puisqu’il m’interpelle je vais y répondre.
Division de quoi?
Les arguments face à la « division du vote » sont souvent centrés sur le mot vote alors que l’on devrait parler de division de l’électorat. À l’image d’une pizzéria qui en voit une autre ouvrir en face de chez elle et qui craint de se faire « voler » sa clientèle, les partis vont naturellement critiquer la division du vote quand un nouveau parti courtise le même électorat. L’offre politique d’Option nationale est légèrement différente et le parti le met bien de l’avant. Sans cette différence, ce serait effectivement difficile pour l’Option nationale de faire campagne contre le Parti québécois en ne prônant autre chose que de changer de nom et de chef.
C’est donc non seulement naturel que le Parti québécois dénonce la division du vote, mais il met aussi en cause la coalition souverainiste que le parti représente. Le parti est de centre-gauche, car il désire rassembler les gens de tous les horizons et il aurait probablement été de centre droit si les militants de droite étaient plus présents et actifs de sa fondation à aujourd’hui. Le parti représente donc le résultat d’une collaboration entre diverses visions de la société. Il fait donc des mécontents parmi le lot et, en se plaçant un peu à sa gauche, Option nationale pourra y récupérer des mécontents. On pourrait diviser encore l’électorat en formant un parti souverainiste à sa droite afin d’en récupérer d’autres.
Ensemble, on est plus fort?
Vient alors l’argument de la coalition des partis. Je comprends Québec solidaire et Option nationale d’être favorables à l’idée : stratégiquement ils y gagnent. Actuellement, Option nationale ne peut espérer qu’un bon pourcentage au niveau national et n’est même pas assurée de garder son chef à Québec. Québec solidaire, malgré près de 10% de l’électorat de son côté n’a réussi aux dernières élections qu’à faire élire un député, M. Khadir, et pourrait bien ne pas faire mieux aux prochaines élections.
Qu’aurait le Parti québécois à offrir? En échange de quoi? Quelle valeur est-ce que l’Option nationale accorde à la circonscription de son chef? Retirerait-elle tous les candidats dans toutes les autres circonscriptions? Je ne crois pas : au niveau militant, plusieurs seraient déçus sans parler des candidats qui devraient se retirer. La même question se pose pour Québec solidaire même si ce parti pourrait probablement négocier plus de circonscriptions.
Après, qu’est-ce que nous, les souverainistes, y gagnerions? Croyez-vous vraiment que les votes sont transférables d’un parti à l’autre si le chef d’un parti le décide ainsi? Prenons un exemple : si, après une négociation, Françoise David se présentait dans ma circonscription pour laisser la circonscription de Gouin à Nicolas Girard, croyez-vous vraiment que les militants du Parti québécois iraient à Québec solidaire?
En refusant de répondre aux demandes des autres partis politiques souverainistes, le parti a fait preuve de courage afin de continuer à travailler avec des Québécois qui, malgré leurs différentes visions d’un Québec souverain, ont décidé de travailler ensemble. Peut-être que le parti n’a pas su retenir une partie de son électorat et ses militants, c’est vrai. L’idée de coalition des forces s’épuise avec le temps, il faut constamment renouveler le parti et ce n’est pas automatique.
Je crois que l’indépendance ne passera pas par la gauche, elle passera en rassemblant des gens de tous les horizons. À défaut d’être centriste, le Parti Québécois représente encore la coalition qui a la capacité de rejoindre tous les Québécois.
Vieillissement du Parti québécois
Le parti a du vécu, il vieillit. À l’échelle mondiale, cependant, c’est encore un jeune parti. Je comprends la fatigue de certains qui tentent de réformer le parti : étant une coalition, ses positions font rarement consensus, mais c’est le résultat de négociations entre ses différentes composantes.
Ceci dit, le vieillissement d’un parti dans le temps n’est pas nécessairement une mauvaise chose : le Parti démocrate aux États-Unis, ce même parti qui s’est divisé autour de l’esclavagisme il y a près de 140 ans, a été le premier parti à faire élire un président noir. Un parti change et évolue. L’argument du nombre d’années d’existence est donc totalement insuffisant pour qualifier le Parti québécois de vieux.
Primaires indépendantistes
La patrie avant le parti? Comment des gens qui sont incapables de se rassembler dans un seul parti pourraient-ils en former un à chaque élection? Encore une fois, je comprends qu’Option nationale propose des éléments qui, stratégiquement, l’avantagent. Avec de la chance, certains de ses candidats pourraient bénéficier de l’exclusivité dans une circonscription. Encore là, si Option nationale est honnête dans ses arguments, qu’elle est différente des autres partis, elle comprendra que les souverainistes ne voteront pas nécessairement pour eux même s’ils ont gagné les primaires.
Intérêts stratégiques ou voter avec le cœur?
Pour un parti qui prône l’alliance des partis puisque stratégiquement c’est intéressant, je trouve l’argument du « vote du cœur » de mauvaise foi et incompatible avec plusieurs de vos propositions.
La patrie d’abord?
Pour terminer, j’aimerais soulever un dernier point. Dans une société québécoise qui est fortement divisée sur la question des frais de scolarité par un chef d’état électoraliste et par des mois de lutte dans la rue, proposer la gratuité scolaire n’est-ce pas jouer le jeu du chef d’état sortant? Surtout en divisant l’électorat sur un point qui n’est pas directement (au sens où il n’encourage ni ne décourage) lié à l’indépendance? Ne serait-il pas mieux de rassembler le vote souverainiste lors de l’élection pour trancher la question lors d’un sommet?
Un vote pour Option nationale, un vote pour l’indépendance ou pour la gratuité scolaire?


6 commentaires
Rongés par le désir du pouvoir.
Ton ouverture finale est fidèlement péquiste. Tu simplifies un parti à sa plus simple expression, afin de le faire paraître inutile. La gratuité scolaire était dans la plateforme d’Option Nationale avant le début de la grève et il n’est pas le seul à le proposer. Alors je ne vois pas où tu es allé pêché ta question ‘Un vote pour Option nationale, un vote pour l’indépendance ou pour la gratuité scolaire?’
Deuxièmement, la hargne du PQ face à ON lorsqu’il est question de division de vote, est futile, puisque l’électorat d’ON vient en majeure partie de l’abstention de votes face à l’encrassement de la démocratie et à l’abandon quasi-total d’idéaux véritables des deux vieux partis qui s’échangent le pouvoir continuellement depuis 52 ans.
Troisièmement, tu ne fais que concrétiser mon intention de ne pas voter PQ avec l’attitude belliqueuse que tu arbores, fidèle à ton parti. Le PQ n’a rien à gagner à s’allier avec les autres partis? Je crois que c’est l’inverse. Les nouveaux partis sont nés d’un besoin. Le besoin du renouvellement de la démocratie dans les institutions qui cherchent à nous débiliser sans relâche depuis trop longtemps.
Finalement, je ne sais pas pour qui je vais voter, mais une chose est certaine, un souverainiste convaincu et informé y pensera deux fois avant de choisir le PQ, qui multiplie les tentatives puériles pour accrocher toujours plus d’électeurs en mettant de côté ses valeurs pour enfin réussir à élire Pauline Marois qui rêve d’être PM du Québec depuis le départ de René Lévesque.
Rongé par le désir du pouvoir? Fidèlement péquiste? Moi? Très amusant. Belle manière de contourner les arguments et d’insulter l’auteur d’un texte qui vous déplaît.
Je sais que l’Option nationale a une position pour le gel depuis sa formation. Comme plusieurs j’ai suivi avec intérêt le départ de M. Aussant du Parti Québécois et la formation de son parti. La question que je lance à la fin me semblait pourtant facile à comprendre. Si on prône la patrie d’abord comment peut-ont encore défendre la gratuité scolaire si cette question divise la population québécoise? Aurons-nous à faire de tels choix entre la gauche souverainiste et la droite fédéraliste?
Alors selon vous, devons-nous continuer de parler d’indépendance à la moitié des québécois ou à tous?
J’aime aussi votre commentaire sur ma hargne envers votre parti. M’attribuer une agressivité est encore une belle manière de dévier un débat et de répondre à des arguments.
« …vient en majeure partie de l’abstention de votes face…»
C’est étrange, ceux que je connais qui s’impliquent l’Option nationale ont toujours voté avant et aurait voté sans. J’aimerais bien voir d’où vient cet argument puisque rien ne peut prouver qu’au moins 50% +1 de l’électorat provient de gens qui ne votaient pas ou n’auraient pas voté.
Un parti né d’un besoin? Je ne suis pas d’accord. La naissance d’un parti ne demande que l’ambition d’un homme ou d’une femme qui a de l’ambition et suffisamment de signatures pour se faire reconnaître le parti auprès du DGEQ. Plusieurs partis naissent et meurent. On verra ce qui se passera avec celui-ci.
Finalement un souverainiste devrait se demander toujours pour qui voté. Personnellement je trouve qu’il est extrêmement dommage de croisé un électeur qui dit toujours voté rouge ou bleu. Toujours sans question. C’est leur choix, ça fait partie de la démocratie. J’aime aussi les accusations du genre : « le PQ se détourne de ses valeurs » quand le tout est voté par les partisans et tente de répondre aux aspirations des Québécois. De tous les québécois.
C’est perpétuel chez le Parti Québécois que de croire en ses chances d’être la seule solution viable.
Eux aussi ont étés au pouvoir durant trop d’années pour ne pas être corrompus. En ajoutant à cela leurs tendances à la condescendance, on confirme sans trop d’effort son choix de voter pour une réelle alternative.
Ce qui choque autant le PQ en regard de l’Option Nationale, c’est le cran que ce parti présente dans son désir de faire la souveraineté.
Le Parti Québécois est tellement peu empressé à accomplir ce dessein qu’ils savent que les plus irréductibles souverainistes et tous les militants qui en ont ras-le-bol d’attendre un autre référendum vont passer avec Aussant.
Le parti québécois est corrompue parce qu’ils ont touchés au pouvoir trop souvent? Ils sont condescendants? Les vaillants et irréductibles souverainistes (les vrais, les purs) vont faire passer le Chevalier Aussant?
Des impressions, des stéréotypes et… des arguments? J’aurais aimé voir une personne me répondre avec des arguments, mais une fois qu’on s’attaque à ceux de M. Aussant on est forcément de mauvaise foi.
Il faudrait prendre le temps de regarder les choses en face et considérer les faits.
Le Parti Québécois est un vieux parti. Il a touché fréquemment au pouvoir. De cela, on ne peut pas nier le fait que la volonté de reprendre le pouvoir absolument, peut pousser le parti a regarder ce qui ne cadre pas avec le souhait de la majorité.
Pourquoi parler de la souveraineté du bout des lèvres, en le mettant tellement au conditionnel que le projet peut donner l’impression d’être conjugué au passé simple.
Le Parti Québécois a proposé d’avaler les autres partis de gauche et/ou souverainistes, afin d’assurer sa victoire. Et des députés comme P. Bérubé se sont gargarisés avec les refus systématiques de ceux-ci.
Monsieur Godbout, Jean-Martin Aussant a quitté le PQ parce qu’il n’aimais pas le ton hypocrite qui règnais au sein du groupe. Ce ton, cette tendance, a tout virer en mascarade.
J’aimerais aussi vous voir livrer des arguments, de vrais.
N’étais-ce pas le fondateur même du PQ, le grand René Lévesque (que Dieu ai son âme) qui disait que les partis ne devraient exister que le temps d’une génération?
Le PQ se dénature, se dégénéralise et il est temps que d’autres formations prennent le relais sur le dossier de la souveraineté, LA solution a battir.
Faux, le Parti québécois n’est pas vieux. Dire qu’il l’est n’en fait pas une réalité et à mes arguments, encore une fois, vous ne répondez pas. Si au moins vous apportiez des points à votre opinion peut-être pourrais-je vous répondre efficacement ou même en être convaincu.
J’ai cherché et je n’ai trouvé un discours d’Aussant confirmant qu’il est parti du Parti Québécois pour les raisons que vous décrivez. Est-ce une interprétation de votre part ou est-ce que le chef est lui-même affligé du mal que vous attribuer au ton qui « règnerait » au sein de ce groupe?
Vous savez, M. Lévesque a quitté le Parti Québécois. Ce même Parti Québécois que M. Aussant a décidé de rejoindre. M. Lévesque n’a pas vu le deuxième référendum, il a probablement même cru que le parti disparaîtrait avant d’en faire un autre. De toute façon, je trouve un brin prétentieux de présumé de sa position sur la politique actuelle. Le contexte est très différent… Il faut se rappeler qu’à sa mort Internet n’avait pas encore fait son apparition au niveau commercial!
Cette citation du nom René Lévesque, est très représentative du discours répété par les militants d’Option national. C’est vraiment dommage que vous vous indignez vous-mêmes de pouvoir fournir des arguments. Des vrais.
Ce culte de la personnalité qui tente de faire un lien entre le fondateur du Parti Québécois et celui d’Option Nationale est de plus en plus présent et explique, en parti, le manque de rationalité du discours des militants. Ce messie de l’indépendance ne nous mènera pas vers le paradis. Au mieux, il pourrait aider la cause souverainiste et même être l’homme qui la déclare. Il pourrait faire de grande chose mais ne changera pas la nature de la politique et son parti, s’il devient un jour un parti pouvant aspirer au pouvoir, aura les mêmes « vices » que vous attribuez aux partis présents.
Tel qu’expliqué, le Parti Québécois évolue. S’il survit suffisamment longtemps, Option national changera lui aussi.