Ah! Cette fameuse division du vote… sans avoir la prétention d’apporter un argumentaire qui se différencie vraiment des autres qui sont déjà parus, je ne pouvais m’empêcher d’ajouter mon grain de sel à ce débat. Option nationale divise-t-elle le vote?
Tout d’abord, Option nationale est le seul parti à avoir inclus la clause suivante dans ses statuts, de sorte à mettre la question de l’indépendance avant tout intérêt partisan : « 2.1. Option nationale affichera une ouverture permanente à collaborer, voire fusionner, avec toute autre formation politique partageant des objectifs jugés suffisamment similaires. »
De plus, tout comme Québec solidaire, Option nationale s’est dit en faveur d’un front uni aux prochaines élections, et le seul à avoir refusé de mettre ses intérêts partisans de côté pour le bénéfice de l’intérêt collectif est le Parti Québécois. À vous de juger qui est donc responsable de la division…
En réalité, Option nationale rassemble le vote souverainiste, car il est le seul parti à se positionner clairement et sans compromis par rapport à la question de l’indépendance du Québec. Certains des vieux partis ont des discours qui peuvent évoquer la souveraineté, mais ils ne le font qu’à des fins électoralistes. Un parti n’est souverainiste que s’il fait de l’indépendance du Québec sa priorité affirmée.
Si le Parti Québécois avait su rallier ses partisans de la gauche, Québec Solidaire n’existerait pas. S’il avait été clair dans sa volonté d’accéder à l’indépendance du Québec, Option nationale n’existerait pas. Le PQ est donc responsable de la multiplication des partis. Il est complètement fermé à toute forme de collaboration, démontrant ainsi que sa volonté première est de gouverner une province plutôt que de créer un pays. Option nationale se distingue donc clairement du PQ.
De plus, il faut comprendre que Jean-Martin Aussant et plusieurs autres ont déjà tenté de transformer le PQ de l’intérieur. Ça n’a pas été fructueux, car le PQ est aujourd’hui âgé de plus de 40 ans, il a vieilli et s’est professionnalisé, mettant ses convictions initiales de côté. Constatant qu’aucun parti politique ne représentait adéquatement ses opinions politiques, Jean-Martin Aussant a donc créé un nouveau parti qui répondait aux aspirations de plusieurs citoyens. Devrions-nous nous empêcher de créer un parti auquel on s’identifie? Si oui, René Lévesque n’aurait jamais créé le Parti Québécois…
D’autre part, n’oublions pas qu’Option nationale va contribuer à augmenter le taux de participation aux élections, car plusieurs personnes s’étant désintéressées de la politique se sentent interpellées par le message innovateur et optimiste d’Option nationale. La plupart de nos membres sont des gens qui n’ont jamais fait de politique de leur vie! Comme quoi les anciens partis ne répondaient pas à leurs aspirations.
J’aimerais également rappeler que Jean-Martin Aussant est le seul à avoir suggéré un système de « primaires indépendantistes » qui pourrait éventuellement rallier tous les indépendantistes du Québec. Il s’agirait de faire élire des représentants indépendantistes dans chaque circonscription, peu importe leur parti, afin qu’ils réalisent ensuite l’indépendance du Québec. C’est une idée rassembleuse mais qui demande, encore une fois, de faire passer la patrie avant le parti, ce qui semble un exercice bien difficile pour certains.
Finalement, le vote est trop important dans une démocratie pour le subordonner à des présumés intérêts stratégiques. On vote avec son cœur, son âme et ses convictions les plus profondes, pas avec une calculatrice partisane dans les mains. La magie n’existe pas: la seule façon de s’assurer que les partis politiques défendront nos convictions, c’est de voter pour ceux qui défendent nos convictions. Point final.
Voir aussi:
- www.unfrontuni.org
- http://www.optionnationale.org/2012/06/07/possibilite-dun-front-commun-electoral-option-nationale-participerait-a-des-discussions/
- Opinion de Denis Monière, vice-président d’Option nationale : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/354768/vote-strategique-ou-vote-authentique
- Opinion de Jean-Martin Aussant:
« La fameuse division du vote. Quel concept intéressant pour des vieux partis qui veulent enfermer les électeurs dans un cadre de bipartisme. Mais qui donc a décrété un jour que le vote souverainiste « appartenait » à un parti donné? De quel droit ce parti peut-il prétendre que toute nouvelle initiative viendra lui enlever « ses » votes? Si une nouvelle plateforme arrive à attirer des appuis parmi la population, c’est que cette dernière n’est pas satisfaite des autres plateformes existantes.
En démocratie, on ne devrait jamais voter utile ou stratégique. On devrait toujours voter pour ce qu’on aime, pas pour ce qu’on déteste un peu moins que ce qui est en place. J’entends des gens dire que la réalité actuelle fait que le vote stratégique sera nécessaire. Je fais partie de ceux qui préfèrent trouver la source du problème plutôt que de se contenter d’y appliquer un pansement. Sinon on se retrouvera exactement dans la même situation à chaque élection. Basta.
Cette source du problème est le manque de proportionnalité dans l’allocation des sièges au Parlement par rapport aux votes obtenus. S’il y avait davantage de proportionnalité, les gens n’auraient plus à voter stratégique. Et comme par hasard, les deux partis qui alternent confortablement au pouvoir depuis 42 ans s’opposent à la proportionnelle, bien entendu.
Finalement, l’argument que notre existence pourrait aider le Parti libéral à être réélu est profondément antidémocratique. Le Parti québécois ne possède pas de monopole du vote dit souverainiste, ni de droit divin d’alterner avec le Parti libéral. Cette « menace » envers l’électorat est irrespectueuse. Le Parti québécois utilisera certes l’argument qu’il est le seul à pouvoir remplacer le Parti libéral. Et si le Parti québécois l’emporte, le Parti libéral prétendra dans 4 ans être le seul à pouvoir remplacer le Parti québécois. Et rebelote. Cette alternance mène ultimement à une paresse intellectuelle et politique puisque le pouvoir est pratiquement garanti au bout d’un petit séjour dans l’opposition. Il faut compter sur l’évolution, et elle passe par la fin de cette alternance que ses principaux bénéficiaires nourrissent depuis trop longtemps. »
- Extrait d’une entrevue de Mathieu Bock-Côté http://bit.ly/N7ZYlM


3 commentaires
Et si le Parti Québécois avait réussi à contenir ses partisans de droite, la CAQ n’existerait pas non plus, n’est-ce pas?
Ce parti a beau avoir réalisé de très grandes choses, il a échoué malgré tout à mener son achèvement ultime à terme, celui pour lequel il avait été créé.
La division du vote est dorénavant un passage obligé.
Et je ne crois pas qu’il faille la craindre. Après tout, la même division se fera jour chez l’adversaire. Les partisans déçus du PLQ cherchent une autre voie eux aussi, surtout ceux du côté anglophone et allophone.
Dans un mois, nous en aurons une meilleure image.
Honnêtement, j’hésite à être optimiste avec le concept de la proportionnelle. Tout simplement parce que la majorité des pays qui ont cette forme de démocratie, avec les gouvernements de coalition s’avère aussi innefficace que n’importe quelle autre à gérer les problèmes récurants de leurs citoyens. Les différents courants de pensée y sont certe plus réprésentatif, mais il manque néanmoins un petit quelque chose.
[...] Evelyne Beaudin, candidate d’Option nationale à Sherbrooke, concernant la division du vote ( Voir article [...]