On peut saluer l’Institut du Nouveau Monde (INM) pour sa proposition du vote obligatoire afin de susciter une augmentation de la présence des jeunes électeurs aux urnes.
Cependant, cette solution, que l’on peut qualifier de « magique », fut imaginée jadis par beaucoup de penseurs politiques et appliquée dans quelques rarissimes pays, sans jamais devenir la panacée à la chute de l’implication des citoyens à la vie publique en Occident. Et cela pour de nombreuses raisons.
Tout d’abord, dans notre contexte proprement québécois, une telle mesure coercitive avec possibilité d’amende au délinquant viendrait choquer les jeunes déjà épris d’un libre arbitre que la société leur a inculqué dès leur tendre enfance.
Ainsi, le succès du résultat du vote obligatoire est loin d’être garanti : contraindre la participation électorale des citoyens peut amener l’élection de dirigeants populistes car certains électeurs, peu intéressés par la chose politique, voteraient sans trop réfléchir pour les candidats leur promettant mer et monde.
Finalement, l’INM prend le problème du mauvais côté. On ne peut imposer l’intérêt envers les choses de l’État dans la Polis. Il faut le créer, le stimuler, le mousser dès le début de la vie du citoyen jusqu’à son décès. Ceci engendre des citoyens plus éclairés et donc une démocratie plus saine.
La suggestion de l’INM de cours d’éducation civique va en ce sens. Il devrait s’y tenir et insister davantage sur ce point…


2 commentaires
Effectivement, vu sous l’angle du danger de populisme, l’obligation de voter apparaît encore moins séduisante. Mais plus encore que l’éducation civique, j’aimerais voir des cours de philosophie le plus tôt possible pour aider les jeunes à acquérir un sens critique, à développer leur pensée. La citoyenneté en ferait partie inévitablement.
Cynthia
Pierre Bayle, penseur artisan des Lumières françaises, parlait de la distinction à faire entre la valeur de la foi authentique et celle de contrainte par l’oppression des protestants par les chrétiens au 17e. Mieux vaut la première que la seconde. Je pense que nous pouvons faire la même réflexion ici à cet égard.