Les hydroliennes : l’avenir hydroélectrique au Québec

L’invention de l’hydrolienne nous a permis de mettre à profit la ressource énergétique durable la plus volumineuse de notre planète : l’eau. À l’instar de l’éolienne qui utilise l’énergie cinétique de l’air, l’hydrolienne est une turbine sous-marine qui utilise l’énergie cinétique des courants marins ou des cours d’eau et la transforme en énergie électrique. Dans un avenir aux perspectives économiques dont les orientations convergeraient vers les énergies renouvelables, la potentialité de l’hydrolienne pourrait s’avérer extrêmement avantageuse pour le Québec.

Tout d’abord, environ 800 fois supérieure à celle de l’air, la densité de l’eau permet une production considérable d’énergie. De plus, les prédictions de marées, de débits des rivières ou des fleuves se réalisent beaucoup plus facilement que les prédictions des différents courants aériens. Ainsi, une ville comme Montréal qui consomme en moyenne 30 TWh d’électricité chaque année, l’installation d’un parc d’hydroliennes de 200 MW autour de l’île serait en mesure de répondre à la demande en électricité d’environ 100 000 habitants.

Il va sans dire que le développement de la technologie des hydroliennes serait grandement profitable dans les régions éloignées du Québec. Par exemple, le Nunavik, situé dans la région du Nord-du-Québec, détient les coûts de production d’électricité les plus élevés au Québec. Il peut en coûter jusqu’à 1$ du kWh incluant le transport et la transformation des ressources fossiles en électricité. Profitant de l’une des plus grandes marées au monde, la baie d’Ungava pourrait accueillir une usine marémotrice qui aurait pour effet de réduire les coûts de production d’énergie, en plus de favoriser un important développement économique du Nord-du-Québec.

Malgré les coûts d’entretien élevés, les hydroliennes demeurent nettement plus concurrentielles comparativement aux ressources fossiles, voire aux éoliennes. Il faut donc se rappeler qu’avec le développement de cette technologie, le prix de production n’ira qu’en diminuant. Pour les plus soucieux de l’esthétique visuelle, à la différence des éoliennes, les hydroliennes ne sont que très peu ou pas visibles.

À l’ère où les préoccupations environnementales s’intensifient, les hydroliennes représentent un potentiel inestimable sur le plan des énergies renouvelables. L’organisme de recherche à but non lucratif Centre Helios a fait des études qui ont démontré que les hydroliennes produisent peu de gaz à effet de serre et sont sans danger pour la faune et la flore.

Le Québec possède un remarquable potentiel d’énergie hydraulique en raison des courants marins ainsi que des débits de nos fleuves et de nos rivières. Dans un avenir où l’on voudrait accroître le développement durable, un engagement du gouvernement serait nécessaire pour financer l’implantation des hydroliennes. Il faut donc se questionner sur ce que nous souhaitons léguer aux générations futures et à combien évaluons-nous l’avenir de notre planète, et cela commence par notre pays.


À propos de François Bourassa

Présentement étudiant au certificat en ressources énergétiques durables à l’Université du Québec à Montréal, je considère que la valorisation des énergies renouvelables et du développement durable constitue un enjeu de premier ordre pour la survie de notre planète en matière d'économie et d'environnement. En effet, je me sens concerné par ces problématiques et je désire m’engager dans ce combat crucial contre l'utilisation abusive actuelle des ressources énergétiques fossiles ainsi que pour la protection du climat qui ne cesse de se dégrader.