Dossier – Grève étudiante 2012

Le Québec vit actuellement une crise sociale importante, qui fait suite au déclenchement d’un mouvement de grève étudiante. Depuis le 13 février 2012, la province de Québec vit au rythme d’actions symboliques, de moyens de pression socio-économiques et de manifestations de plus en plus importantes. Près de 300 000 étudiants ont débrayé en même temps au plus fort de la grève. Les fédérations étudiantes tentent d’en venir à une entente avec le gouvernement.

L’équipe de Politicoglobe vous offre une section spéciale sur l’événement!

 Qui est en grève?

163 associations et plus de 178 053 étudiants en grève générale illimitée.

Près de 300 000 étudiants ont été en grève en même temps lors de la manifestation monstre du 22 mars 2012


Février 2010 :
Premières rumeurs d’une augmentation des frais de scolarité.

6 décembre 2010 :
Le gouvernement Charest organise une rencontre avec des partenaires du monde de l’éducation. La rencontre s’effectue à Québec, sur le thème « L’avenir des universités et leur contribution au développement du Québec », une consultation sur « les principes devant guider la hausse des frais de scolarité » et discuter des « performances » des universités et de leur place « sur la scène nationale et internationale ».

9 décembre 2010 :
Une pétition contre le projet de hausse, signée par plus de 30 000 personnes est déposée à l’Assemblée nationale par le député péquiste (PQ) Mathieu Traversy.

12 mars 2011 :
Une manifestation est organisée le 12 mars 2011 à l’initiative de l’Alliance sociale et de la Coalition opposée à la tarification des services publics. Cette manifestation, intitulée « Un budget équitable, une question de choix », rassemble plusieurs dizaines de milliers de citoyens quelques jours avant le dépôt du budget du Québec.

18 mars 2011 :
Le budget provincial est déposé par le gouvernement Charest. Le Ministre des finance confirme l’intention de son gouvernement d’augmenter les frais de scolarité de 1 625$ sur une période de 5 ans.

31 mars 2011 :
L’ASSÉ organise une manifestation.

10 novembre 2011 :
Manifestation de plus de 30 000 personnes à Montréal. À la suite de cette manifestation, le gouvernement réplique en créant un site web destiné à faire la promotion de l’augmentation des frais de scolarité universitaire.

3 décembre 2011 :
Création de la CLASSE (Coalition large de l’Association Syndicale pour une Solidarité Étudiante). Elle permet aux associations étudiantes qui le désirent de se joindre à l’organisation en vue de la grève étudiante.

13 février 2012 :
Déclenchement de la grève par l’Association des chercheuses et chercheurs étudiants en sociologie de l’Université Laval ainsi que par le Mouvement des étudiants en service social de l’Université Laval.

14 février 2012 :
Les facultés des sciences humaines, de sciences politiques, de droit et d’arts de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) entrent en grève.

16 février 2012 :
Le premier Cégep (Vieux-Montréal) entre lui aussi en grève générale.

20 février 2012 :
D’autres cégeps et collèges entrent en grève. Environ 30 000 étudiants sont en grève à ce moment.

27 février 2012 :
La FEUQ fait paraître une lettre ouverte qui indique que la grève est le moyen à prendre pour faire reculer le gouvernement.

29 février 2012 :
De nombreux mandats de grève (pour le 1er mars 2012) sont déjà votés.

2 mars 2012 :
La FECQ demande à ses membres de débrayer.

5 mars 2012 :
Environ 123 300 étudiants sont en grève.

22 mars 2012 :
300 000 étudiants sont alors en grève. Une grande manifestation nationale est organisée à Montréal. Plus de 200 000 personnes y participent.

27 mars 2012 :
Environ 205 000 étudiants sont en grève.

20 avril 2012 :
Début du Salon Plan Nord, où le Premier Ministre Jean Charest a lancé une blague mal placée à propos du mouvement étudiant et des manifestations chaotiques à l’extérieur du Palais des Congrès de Montréal. La pression augmente.

22 avril 2012 :
La CLASSE se prononce en défaveur de la violence (élément tant attendu par le gouvernement Charest afin d’ouvrir une table de négociations).

23 avril 2012 :
La FECQ, la FEUQ, la CLASSE et la TACEQ se présentent à Québec afin d’ouvrir les négociations avec le gouvernement et la ministre Line Beauchamp. Une trêve de 48 heures (exclusion des pressions sociales et économiques) est entendue entre les fédérations étudiantes et le gouvernement.

24 avril 2012 :
La ministre Line Beauchamp exclue la CLASSE des pourparlers(1). Solidairement, la FECQ, la FEUQ et la TACEQ décident de suspendre le dialogue avec le gouvernement.

24, 25 et 26 avril :
Organisation de trois manifestations importantes à Montréal afin de protester contre l’attitude du gouvernement et l’exclusion de la CLASSE des négociations. Plusieurs étudiants et citoyens sont arrêtés, le ton et la colère montent.

27 avril 2012 :
Les médias sont convoqués par le Premier Ministre Jean Charest. Ce dernier présente une offre aux étudiants. Le gouvernement propose alors l’étalement de la hausse sur 7 ans (au lieu de 5), une bonification du programme des prêts et bourses ainsi qu’un remboursement proportionnel au revenu futur des étudiants. L’offre est mal accueillie puisque les nouvelles propositions augmentent encore davantage les frais finaux de scolarité et ne répondent en rien aux raisons du déclenchement de la grève.

Ce soir là, Montréal vibre au rythme d’une importante manifestation spontanée qui sera éventuellement déclarée illégale, à deux reprises.

1 mai 2012 :
La FECQ et la FEUQ annoncent, lors d’une conférence de presse, leur contre-proposition, en sept points.

2 mai 2012 :
La CLASSE présente elle aussi sa contre-proposition.

3 mai 2012 :
Le cabinet de la ministre Beauchamp prend contact avec les fédérations étudiantes afin de rouvrir le dialogue.

4 mai 2012 :
Une manifestation tourne à l’émeute à Victoriaville, où les libéraux tiennent leur congrès. À Québec, le gouvernement ouvre une table de rencontre avec les étudiants et certains intervenants du milieu de l’éducation afin de trouver une solution à l’impasse.

5 mai 2012 :
15h00: On annonce une entente convenue entre les différentes parties. Plus de détails en soirée.

20h00: Une entente de principe est annoncée.

14 mai 2012 :
La ministre Line Beauchamp annonce sa démission comme responsable de l’éducation et vice-Première ministre. Michèle Courchesne lui succède.

18 mai 2012 :
Québec adopte le projet de loi 78, amendé à la demande de la Coalition avenir Québec. La grève générale étudiante en est à sa 14e semaine.

22 mai 2012 :
100e jour de grève!

28 mai 2012 :
Reprise des négociations entre le gouvernement et les fédérations étudiantes.
Environ 500 juristes manifestent contre la loi 78.

30 mai 2012 :
Deux experts indépendants de l’ONU font part de préoccupations face aux actes de violence survenus au Québec lors des manifestations du 24 mai.

31 mai 2012 :
Les négociations entre le gouvernement et les étudiants échouent. Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, a déclaré que «le gouvernement a indiqué que « pour des raisons politiques, de communication publique, (il) ne peut plus écouter nos demandes».

1er juin 2012 :
Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, termine son 2e mandat d’un an à la tête de l’organisation au lendemain de l’échec d’une nouvelle tentative de sortie de crise dans le conflit étudiant. Il cède sa place à Éliane Laberge, 19 ans, étudiante au Collège de Rosemont.

Entente de principe entre les étudiants et le gouvernement (5 mai 2012)

Le texte négocié par les associations étudiantes

Détails sur l’offre du gouvernement (27 avril 2012)

L’information et les communiqués suivants proviennent du site web du gouvernement disponible à l’adresse suivante: http://www.droitsdescolarite.com/fr/index.php

Le gouvernement mettra en place de nouvelles mesures pour améliorer l’accessibilité aux études supérieures.

Pour en savoir plus sur ces mesures, consultez le communiqué de presse émis au moment de l’annonce le 27 avril 2012.


La hausse des frais expliquée

Source: http://www.bloquonslahausse.com/tout-sur-la-hausse-des-frais/la-hausse-des-frais-expliquee/

Les étudiant-e-s savent déjà depuis 2010 que le gouvernement Charest prévoyait augmenter significativement les frais de scolarité, mais ce n’est qu’au dernier budget provincial que le montant exact de cette hausse fut dévoilé. Après avoir augmenté les frais de scolarité de plus de 30% en cinq ans (50$ par session), voilà maintenant que le gouvernement libéral passera en deuxième vitesse. À partir de l’automne 2012, c’est plus de 325$ par année qui seront ajoutés à la facture étudiante. Les droits de scolarité évolueront donc comme suit :

Évolution des frais de scolarité (excluant les frais afférents)

Avant les hausses actuelles                      Augmentation par rapport à 2007
2006-2007 : 1668 $                                                 -

Avant les nouvelles hausses
2011-2012 : 2168 $                                                 30 %

Avec les nouvelles hausses
2012-2013 : 2493$                                                  49 %
2013-2014 : 2818 $                                                 69 %
2014-2015 : 3143 $                                                 88 %
2015-2016 : 3468 $                                                 108 %
2016-2017 : 3793 $                                                 127 %


Articles externe d’intérêt

Communiqués de presse

  1. La CLASSE représente à ce moment la moitié de tous les étudiants en grève []